Journées doctorales

2012

Mercredi 27 juin

Matinée : 9h30 - 12h

  • Ouverture des Journées doctorales par Numa Murard, directeur du CSPRP
  • Conférence de Lewis Gordon : Décadence disciplinaire et décolonisation des savoirs

12h-13h : Pause-déjeuner sur place (sandwichs (CSPRP) et sucrés apportés par les participants et autres)


Après-midi : 13h - 18h

Penser, critiquer, rompre la domination

  • 13h - 13h45 : Tamara Glas, Formes d’authentification défiant le rapport de domination de l’institution patrimoniale

Discutante : Anne Kupiec

Quelles sont les formes d’authentification alternatives à celle du musée traditionnel, celles qui existent et celles qui sont à penser ? Regardant l’authentification comme un processus mettant en jeu un pouvoir généralement décerné à l’expert, nous proposerons en "contre-expertise" des formes où ce n’est pas le cas : démocratisation du patrimoine par une démocratisation du qui définit le patrimoine. Entre un bilan muséologique depuis les années 70 et une exploration de terrains dont la Bolivie constitue le plus important, nous demanderons en quoi une philosophie politique peut éclairer cette question.

  • 13h45 - 14h30 : Philippe Coutant, Du corps à l’esprit, analyser le néolibéralisme : de Foucault à Gorz, de la féodalité au capitalisme cognitif et financier

Discutant : Miguel Castello

Du corps à l’esprit, analyser le néolibéralisme : de Foucault à Gorz, de la féodalité au capitalisme cognitif et financier. Le constat des changements dans la subjectivité. I Le passage de la féodalité au capitalisme : Michel Foucault. II Du territoire au travail du corps, un changement dans la source de richesse. La mise au travail s’est accompagnée de la mise en place de dispositifs disciplinaires et biopolitiques. III Du fordisme au capitalisme cognitif : André Gorz. Nous émettons l’hypothèse que nous sommes en train de passer du corps à l’esprit, de la force de travail au capital humain. Les analyses de Gorz nous permettent de comprendre comment nous sommes passés du corps à l’esprit.

  • 14h30 - 15h15 : Malcom Ferdinand, De l’écologie à une critique anticoloniale. Le cas de la Martinique à travers les discours de membres d’associations écologiques (1970-2011)

Discutante : Pauline Beurnardeau

Depuis quarante ans, de nombreux conflits traversent l’île caribéenne de la Martinique quant à la préservation des mangroves, des rivières et des terres agricoles. Ces multiples conflits (plus d’une trentaine) sur cette île exigüe opposent fréquemment des habitants aux grands propriétaires terriens descendants des esclavagistes dénommés « békés », à des promoteurs touristiques et immobiliers et aux différentes autorités étatiques. Or, au cours des nombreuses manifestations et publications de presses concernant ces dégradations écologiques, certains militants associatifs revendiquent d’une part une identité « martiniquaise » et une souveraineté du « peuple martiniquais » sur ce territoire, et d’autre part accusent « l’Etat français » de mener une gestion coloniale de l’île de concert avec la classe économique dominante celle des békés. Ces discours soulèvent un certain nombre de questions pratiques et théoriques que nous aborderons dans notre exposé. Comment ces acteurs articulent-ils la question de la préservation écologique de l’île à une critique d’un « Etat colonial » ? Pourquoi et comment associent-ils la revendication d’une « identité martiniquaise » à la préservation de l’environnement ?

15h15-15h30 : Pause café


Révolution et résistance

  • 15h30 - 16h15 : Jean W. Gustinvil, Saint-Domingue : espace colonial et lieu de la formulation de l’énigme (post) coloniale

Discutante : Sonia Dayan

Haïti est tombé au lendemain de son indépendance dans un cycle infernal de dictatures. La fin du système de l’esclavage consacrée par le triomphe de la révolution a donné naissance à de nouvelles pratiques de domination et de servitudes rappelant la période coloniale qu’on croyait révolue. Un certain nombre d’auteurs rendent responsables le système colonial de l’échec de la révolution haïtienne, ce système aurait contaminé le projet révolutionnaire d’émancipation de la première révolution nègre de l’histoire. Si pour une révolution comme la révolution française, l’échec de celle-ci est attribué par certains travaux au retour du théologico-religieux, dans le cas de la révolution haïtienne, cet échec est amputé à la logique coloniale pathogène. Tout s’explique par le système colonial esclavagiste : le legs colonial constitue une entrave pour les individus et ces derniers sont comme toujours déjà pris dans ses rets ? Les haïtiens se sont révélés incapables de renoncer à ce patrimoine. L’héritage colonial semble travaillé par un processus de sédimentation qui échappe à tout projet de dépassement. Comment penser l’institutionnalisation des acquis de la dite révolution si les individus sont toujours déjà pris dans un “reste” que la révolution n’arrive pas s’en débarrasser ? Qu’est-ce que cette violence coloniale pour qu’il entrave le devenir de ces anciennes colonies et hypothèque le projet d’émancipation ? Comment penser le devenir dans l’espace colonial ?

  • 16h15 - 17h : Diego Paredes, L’échec de la révolution : fondation et institution

Discutante : Martine Leibovici

Dans cette communication, je voudrais aborder le problème de l’échec de la révolution à partir de la confrontation de la pensée de Merleau-Ponty, Arendt et Marx sur ce sujet. Mon objectif consiste à penser la révolution au-delà de son échec et à essayer de montrer que la révolution peut être vraie aussi bien en tant que mouvement qu’en tant que régime, car c’est cette dialectique entre mouvement et institution qui permet à la fois l’innovation et la permanence. Pour ce faire, la révolution doit donc rester « vivante » avec le retour continu à son commencement, à sa fondation. Ce retour ou répétition, toujours différente, garantit l’accroissement de l’acte révolutionnaire et évite son pétrification et fermeture.

Jeudi 28 juin

Matinée : 9h30 - 12h45

Démocratie, politique et justice

  • 9h30 - 10h15 : Manuel Cervera-Marzal, La réunification des deux temps de la démocratie chez Miguel Abensour

Discutante : Raphaëlle Nollez-Goldbach

La démocratie peut-elle ne jamais être définitivement accomplie ? A en croire Francis Fukuyama et la majeure partie des théories libérales contemporaines, oui. Celle-ci trouverait son ultime réalisation sous la forme de l’Etat de droit. Mais, contre cette approche dominante, Miguel Abensour nous invite à repenser à nouveau frais la question du lien entre Etat et démocratie (en voyant dans le premier l’antithèse de la seconde) et, par conséquent, à renouveler de manière radicale notre conception de la temporalité démocratique. Sa « philosophie politique critique » s’insurge contre la séparation en deux temps de l’activité instituante (la révolution puis la constitution, lors desquelles le peuple entre en action pour mettre à bas l’Ancien régime) et de l’activité instituée (la démocratie conçue comme Etat de droit, dans laquelle le peuple pourrait retourner à son apathie politique et laisser aux professionnels de la politique et aux représentants le soin de gérer les affaires publiques). Cette théorie des deux temps opère une réduction du politique à l’étatique et identifie à tort la démocratie à un régime politique, celui de l’Etat de droit. La démocratie, proteste Abensour, n’est jamais acquise. Elle reste à faire et à refaire. La temporalité démocratique est ici pensée sous la forme de la création continuée, de sorte que l’exigence démocratique de changement perpétuel entre en contradiction avec le principe de fixité propre à l’Etat.

  • 10h15 - 11h : Serpil Tunc Utebay, Critique de la compréhension de la justice, du droit de la modernité : Loi, justice et violence

Discutant : Numa Murard

Mon sujet de thèse part de l’œuvre de Jacques Derrida et interroge la possibilité de forger une idée de justice qui soit au-delà de la loi. De là je cherche à examiner comment cette idée est mise en pratique dans les Critical Legal Studies. D’autre part, dans cette thèse, mon but est d’essayer de relire, de critiquer les concepts juridiques et politiques de la modernité en particulier, la justice, l’Etat, la souveraineté, la loi. L’effectuation de cette critique et les réflexions sur les nouvelles interprétations de la justice peuvent avoir peut être un impact sur le droit tel qu’il est pratiqué de nos jours.

11h - 11h10 : Pause café

  • 11h15 - 12h00 : Agnès Bayrou, La métaphore arendtienne du corps politique

Discutant : Etienne Tassin

L’image du corps politique constitue un motif central de la tradition de pensée occidentale dont Arendt entendait se dégager pour penser la chose politique à nouveaux frais. De manière générale, la question est de savoir quelle signification peut revêtir dans un contexte contemporain une métaphore à ce point liée au passé de la politique européenne. Par ailleurs, la présence de la métaphore du corps politique chez Arendt étonne d’autant plus que l’auteur n’a cessé de dénoncer toute représentation organiciste du social comme pouvant porter atteinte à la pluralité essentielle des agents au sein de la communauté politique. A moins d’une contradiction dans la pensée d’Arendt, il faut donc imaginer que la notion de corps politique ne reconduit pas nécessairement à l’organicisme. Ainsi notre interrogation se précise-t-elle : il s’agit non seulement de comprendre quel sens contemporain Arendt peut attribuer à l’image ancienne du corps politique, mais encore de saisir en quoi la métaphore arendtienne se distingue des théories organicistes de l’ensemble social.

12h - 13h45 : Pause-dejeuner


Après-midi : 13h45 - 18h

Pratiques sociales, pratiques culturelles

  • 13h45 - 14h30 : Laurent Aucher, La mémoire du collectif. Contribution à la sociologie de la mémoire

Discutante : Claudia Girola

L’objet de cette communication est d’exposer les grandes lignes du schéma théorique qui sous-tend ma recherche doctorale sur la mémoire ouvrière, recherche réalisée à Vierzon auprès de deux générations de métallurgistes.

  • 14h30 - 15h15 : Charlotte Perrot-Dessaux, Les bibliothèques de quartier, des espaces ‘’civilisationnels’’ ?

Discutante : Nadeznha Vanegas

Dans le cadre de ma thèse, je mène depuis plus de 18 mois un travail de terrain dans et autour d’une médiathèque située dans un quartier populaire d’une commune de la Seine-Saint-Denis. Ce travail a fait émerger un certain nombre de problématiques, justifiant ce questionnement plus large : dans quelle mesure le pouvoir politique, les responsables de la lecture publique, pensent-ils les bibliothèques de proximité comme des outils de civilisation à destination des membres des catégories populaires ? Nous tenterons d’aborder cette problématique dans une perspective historique et en mobilisant les données de terrain recueillies pour montrer l’importance accordée au contrôle du corps et de la langue par les institutions éducatives et culturelles que sont l’Ecole et la bibliothèque, en particulier à destination des membres des catégories populaires.

  • 15h15 - 16h : Barthélémy Bette, Pratiques et représentations du travail dans l’art contemporain

Discutante : Seloua Luste Boulbina

La communication aura pour enjeu de présenter l’avancée de notre travail de recherche en exposant plusieurs étapes de ce processus : premièrement décrire la construction de notre objet d’enquête, ensuite montrer les premiers résultats de terrain à partir des observations et de la vingtaine d’entretiens réalisés, enfin faire quelques remarques méthodologiques et épistémologiques. La particularité de cette recherche sociologique tient au fait qu’elle ne porte pas sur un « terrain » unique et identifiable, mais suit une logique thématique nécessitant un travail préalable de construction d’objet. L’élaboration théorique nous a conduit à ce que l’enquête porte uniquement sur les plasticiens et à définir la notion de « travail » comme celui de « travail extra-artistique », excluant ainsi les oeuvres qui tentent d’objectiver les conditions de production du travail artistique lui-même. Nos investigations nous ont ainsi amené à considérer quatre types de pratiques qui constituent ce terrain : des pratiques de détournements, c’est-à-dire des artistes qui investissent des lieux de travail à l’insu de la hiérarchie ; des pratiques d’interventions, c’est-à-dire soit des commandes réalisées in situ soit des résidences d’artiste en entreprise ; des « usages biographiques » reposant sur l’utilisation des expériences de travail passées dans les oeuvres par l’intermédiaire de formes et de matériaux ; et enfin des oeuvres conçues sur le modèle de l’entreprise dans la mesure où elles en reprennent l’esthétique, le vocabulaire et/ou le modèle économique. Du point de vue des problématiques, nous axons nos recherches autour de la question de l’identité artiste et du rapport de celui- ci à la critique. La méthode fondée sur des entretiens biographiques a pour but de comprendre l’articulation entre l’expérience sociale, la proposition artistique et les prises de position politique.

16h- 16h20 : Fin et Pause café

16h30-18h ou 18h30 : Discussion générale sur l’encadrement doctoral et le CSPRP



Documents

Le programme des journées doctorales 2012 (doc, 90.5 ko).


Calendrier

  • mercredi 27 juin 2012, 09h30-18h, Olympiades, salle 028.
    Première journée
  • jeudi 28 juin 2012, 09h30-18h30, Olympiades, salle 028.
    Deuxième journée












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