Séminaire du CSPRP

2010-2011

Sujet, subjectivation, désubjectivation

Coordination et responsabilité pédagogique : Martine Leibovici

Depuis un an, certains chercheurs du CSPRP - sociologues, anthropologues, philosophes - sont engagés dans un processus d’échanges avec des chercheurs allemands, afin de mener une réflexion voulant interroger le concept de sujet tel qu’il est présupposé par les sciences sociales.

Ce concept est loin d’être univoque. Il a une longue histoire dans la philosophie occidentale et a été fortement questionné voire déconstruit dans les années 1970. Notre réflexion ne s’inscrit pas pour autant dans un supposé « retour du sujet » ou « au sujet », qui aurait fait suite à cette critique. Cette critique fut au contraire salutaire. Réfléchir sur la catégorie de sujet nous paraît cependant nécessaire aujourd’hui, dans la mesure où la société dans laquelle nous vivons (occidentale tout du moins) nous semble confrontée à deux mouvements apparemment contradictoires.

D’un côté, en rapport avec le développement des sciences et des techniques, chacun est confronté à des injonctions de plus en plus pressantes de prendre soi-même des décisions autrefois laissées au hasard - en matière de procréation ou de maladie par exemple. Autre exemple : la « responsabilisation » - en lien avec le recul de l’État social - vise à faire de chacun, jusque dans des situations liées à la structure de l’économie comme le chômage, le « sujet » de sa propre vie. Pour être sociales, ces injonctions n’en pénètrent pas moins au cœur des vies individuelles, et sont partie prenantes de processus de subjectivation, de façons contemporaines de devenir sujet.

On peut, d’un autre côté, décrire de nombreuses situations comme des situations de désubjectivation, en tant qu’elles privent certains individus des conditions minimales d’un devenir-sujet : pauvreté, sans-abrisme, voire clandestinité due à la migration. On pourrait se demander cependant si, dans de tels cadres, des processus de subjectivation généralement inaperçus ne sont pas, de fait, à l’œuvre, différents cependant de ceux qu’induisent les injonctions à une subjectivation d’individu « responsable ».

Dans le prolongement de cette réflexion, une interrogation sur la subjectivation politique contemporaine est nécessaire. Quelle est sa spécificité ? Comment est-elle affectée par le mouvement contradictoire que nous venons de dégager ? Pour prendre en compte les situations et pratiques sociales abordées par le séminaire, sans les considérer nécessairement comme directement politiques, il s’agira d’interroger les modalités de subjectivation politique qui s’y produisent, dans le cadre d’une réflexion plus générale sur la citoyenneté.



Documents

Claudia Hilb (Professeure invitée, Université de Buenos-Aires), « Trois regards sur la fondation politique moderne : Arendt, Strauss, Lefort ». (wma, 27.6 Mo).
Marc Bessin (IRIS), Robert Castel (CEMS), Denis Merklen (IRIS, CSPRP, Université Paris Diderot - Paris 7), « Les politiques de l’individu ». (wma, 31.7 Mo).
Programme S1 (pdf, 67 ko).
Programme S2 (pdf, 78.7 ko).


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